Changer le monde un mot à la fois
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Changer le monde, un mot à la fois
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Manuel nous a partagé, dans son premier livre Graffitis de mémoire, sans filtre, son enfance et son adolescence pendant lesquelles il forgeait son identité en toute liberté malgré les aléas du quotidien. Rien ne résistait à sa joie de vivre. Sa curiosité étanchait une constante quête d’être et d’émerveillement en faisant fi des interdits du milieu familial et des apprentissages imposés.
Sous le pseudonyme frère St-Jean-de-la-Croix, Manuel nous revient avec Concerto pour la vie, où il nous dévoile sa difficulté à accepter les préceptes qu’on essaie de lui inculquer pour qu’il devienne d’abord un frère avant d’être un homme. Lui, il était convaincu que ce devrait être plutôt l’inverse; oser était déjà sa philosophie de vie. Les projets audacieux qu’il proposait à ses élèves éveillaient la soif d’apprendre chez certains tandis que les amorphes continuaient à gober la nourriture intellectuelle toute mâchée. D’ailleurs, la projection d’un film tel que La nuit de poésie pouvait séduire et offrir de nouvelles avenues à de jeunes cerveaux. Le plaisir était à son comble lorsqu’ils tenaient en leurs mains le livre de poésie qu’ils avaient eux-mêmes conçu. Souvent, l’éclair éclairait leur capacité de s’émouvoir eux-mêmes.
Dans ce troisième ouvrage, frère St-Jean-de-la-Croix est redevenu Manuel afin de s’éloigner des obligations religieuses ralentissant son développement social. Il défroqua sans renier son sens de l’engagement. Grandit alors en lui le désir de rencontrer la belle au bois dormant, puis de fonder sa famille après avoir trouvé sur son chemin cette princesse qui lui titillait les émotions. De plus, ils étaient habités par le même engouement, celui d’un engagement diversifié. Ils participaient à presque tous les mouvements de croissance personnelle pour garder leur flamme allumée. Manuel aimait chanter Serais-tu devenu un homme? à la manière de Jean-Pierre Ferland. Comme disait Sartre : « C’est dans et par la révélation de mon être objet pour autrui que je le saisis comme sujet. » Au fil du temps, il notait les citations inspirantes, entre autres celle de Jean Rostand : « Former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler. Leur donner le meilleur de soi sans attendre ce salaire qu’est la reconnaissance. »
Tous ces mots poétiques sont dans le roman car ils ont plus d’importance que la parlure.


